Interview de Yann Guéguen

Publié le par laperouse-2012

Quelle est votre implication dans le projet ?

Yann : Je suis directeur musical du projet, c’est à dire que le metteur en scène Steeve Brudey m’a parlé il y a un an d’une commande de spectacle historique par Brest Evénements Nautiques. Tout cela se passe en 1785 lors du départ de l’expédition Lapérouse et on propose au public de revivre l’avitaillement des deux bateaux, juste avant leur départ. Mon rôle a tout d’abord été d’imaginer ce que pouvait être toute la musique sur le port de Brest à cette époque-là. C’est donc un mélange de compositions originales et d’arrangements de musiques existantes, à savoir essentiellement du Rameau, du Lully, du Haendel, un petit peu de Mozart et également de la musique traditionnelle qu’on jouait forcément sur le port à cette époque.

Qu’est ce qui vous a donné envie de faire ce projet ?

D’un point de vue artistique, tout d’abord, c’était assez excitant puisqu’il s’agissait d’évoquer une situation historique, au moyen de musiques classiques ou baroques, tout en tenant compte du caractère précis de la journée évoquée. Comment avoir ce rendu de la musique classique sur le port de Brest fréquenté par des gens qui ne savaient vraisemblablement pas trop lire la musique et jouaient donc cela influencés par de la musique traditionnelle de la région ? Il fallait donc imaginer une partition qui aille à la fois du côté de la musique classique et du côté de la musique traditionnelle, et que tout ça puisse se jouer au moment de la fête avec des amateurs. De fait, en dehors des deux professionnels qui m’accompagnent sur le projet [Eric Liorzou et Alain Rouquette], il n’y a que des musiciens et des chanteurs amateurs. Ca a donc été assez fort humainement de leur proposer de jouer et chanter cela, avec beaucoup de travail tout au long de l’année, puis de voir leur implication, leur engagement, leur générosité, qui font que je suis finalement devenu un musicien comme un autre, puisque je joue parmi eux pendant les six jours de la fête.

Actuellement, à quelle étape du projet en êtes-vous ?

On a fait beaucoup de répétitions de détail, notamment sur les chants, et là on en est de plus en plus à enchaîner différents mouvements répétés auparavant de façon isolée.

Comment envisagez-vous la suite ?

Il va falloir transposer tout ce travail sur le site où se jouera le spectacle et c’est un beau défi, parce que chaque scène où les comédiens, chanteurs ou musiciens joueront va être sonorisée. Il faudra parvenir à mixer tout ça en faisant en sorte qu’on n’entende pas que c’est sonorisé… Ce sera l’objectif de la collaboration avec Clément Champigny, un ingénieur du son, qui sera présent avec nous pendant les six jours de la fête.

Au-delà de vos premières attentes par rapport au projet, qu’est ce que vous avez découvert ?

Je dirais avant tout l’engagement, le dynamisme de tous ces gens bénévoles, amateurs. C’est très impressionnant. Ce sont des choses qu’on ne croise plus forcément à ce point-là quand on est professionnel. C’est très touchant et motivant. Ensuite, c’est de voir combien c’est complexe et parfois difficile de respecter cet engagement, de le mettre en majesté, tout en faisant face à des problématiques techniques qui pourraient nous dépasser si on n’était pas aussi solidaires et entourés de gens absolument motivés et généreux. Il y a beaucoup d’inconnu à gérer sur ce projet, mais porté par autant d’enthousiasme, c’est passionnant.

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